Expatriation

Mon parcours d’immigration au Québec

Dans cet article, je ne vais pas forcément relater toutes les trucs et astuces concernant les démarches pour immigrer au Québec. Chaque parcours est propre et je n’ai pas l’autorité ni la précision nécessaire pour vous dire comment immigrer.

Ici je vous parlerai plutôt de comment j’en suis venue à immigrer au Québec, le déroulé du parcours ainsi que les timings que j’ai choisi pour faire certaines démarches. Pour les démarches en elles-mêmes, je mettrai des ressources officielles en fin d’article pour orienter ceux qui sont en plein parcours ou encore en projet d’immigration. Ici, ce sera mon expérience personnelle, mon cas personnel donc il n’est pas forcément transposable ni représentatif.

Sur ces bonnes paroles, je commence à vous raconter mon parcours d’immigration (et ce sera aussi un bon moyen pour moi de garder une trace et de m’y retrouver).

Décembre 2017

Je commence en décembre 2017 pour une bonne raison : c’est la première fois que j’emmène M.Loukoum en voyage au Canada. Au Québec pour être plus précise. J’ai de la famille là-bas, deux sœurs, des neveux et nièces, que je veux présenter à M.Loukoum. Cela fait 1 an et demi que nous sommes ensemble et il ne connaît pas encore cette partie de la famille dont je parle si souvent.

Nous y allons pour les fêtes de fin d’année. Nous passons quelques jours à Montréal et le reste du temps, nous sommes dans un chalet où nous passons un beau Noël blanc. 

C’est ma troisième fois au Québec mais ma première fois en hiver. Première fois tout court pour M.Loukoum. Le séjour se termine, Montréal et le Québec lui ont bien plu.

Septembre 2018

En septembre 2018, cela fait un moment que nous discutons de partir de région parisienne avec M.Loukoum. Je rêve de m’installer à Montréal depuis un moment déjà, pour rejoindre mes sœurs et fuir ce lieu de vie que j’apprécie de moins en moins.

Montréal avait été un coup de cœur lors de mes derniers voyages, je m’y sentais bien et c’était vite devenu une destination de vie évidente. 

En septembre 2018 donc, nous soumettons une déclaration d’intérêt sur Arrima, la nouvelle plateforme d’immigration du Québec (elle a été lancée cette année-là si je ne dis pas de bêtise). Nous savons que le Québec avait accumulé un retard conséquent dans le traitement des demandes d’immigration et que s’inscrire sur Arrima était sans doute peine perdue. Spoiler alert : nous sommes toujours inscrits sur Arrima 3 ans plus tard et nous n’avons jamais eu aucun retour.

Nous laissons le PVT de côté pour le moment en se disant que le tirage au sort était une solution trop aléatoire pour nous. Nous voulons partir ensemble.

De plus, je débute un nouveau travail en septembre 2018. Ce nouvel emploi me plait alors je ne suis plus pressée de partir absolument. Je me donne au moins 1 an pour y rester. J’y suis restée 3 ans au final. Pour émigrer au Canada, il faut savoir faire preuve de patience.

Septembre 2020

Voici une belle ellipse de 2 ans durant laquelle il ne se passe absolument rien. Le projet d’immigration est toujours là, un peu dans l’ombre car effacé par le quotidien et les délais interminables. 

En septembre 2020, nous sommes encore en plein COVID et moi en plein chômage partiel. Il est temps de voir l’après, de prévoir autre chose. Car je commence à m’enliser un peu dans le chômage partiel, dans un appartement et une ville dans lesquelles je me sens de plus en plus oppressée. 

Alors en septembre 2020, M.Loukoum évoque une envie de mobilité à Montréal à ses employeurs. Il adore son entreprise et a du mal à s’imaginer la quitter. Alors pourquoi pas leur proposer de l’accompagner dans son projet de mobilité ?

A vrai dire, je n’y crois pas du tout. Je ne crois pas au fait qu’ils acceptent. Je me dis que nous devons attendre un peu de voir, mais qu’il faudrait commencer à passer à autre chose. L’idée étant que M.Loukoum cherche un travail à Montréal depuis la France et que cette nouvelle entreprise fasse les demandes de visa pour nous faire traverser l’océan.

Février 2021

En février 2021, la nouvelle tombe : l’entreprise de M.Loukoum a bien réfléchi, ils acceptent de l’accompagner dans son projet de mobilité. Reste plus qu’à lancer les modalités.

Sur le coup, j’ai du mal à y croire. Je ne pensais pas que la solution viendrait d’eux. Je ne suis pas sûre qu’ils auraient accepté ça pour n’importe quel employé. 

Je reste toutefois méfiante, on ne sait jamais. Je refuse d’y croire tant que nous n’avons pas plus de garanties.

Mars 2021

Et ces garanties arrivent un mois plus tard, en mars 2021. Le timing est vraiment parfait. Je suis toujours en chômage partiel sans réelle perspective de reprise alors recommencer une vie ailleurs sera plus facile pour moi.

Au mois de mars, l’entreprise de M.Loukoum nous confirme que nous devrions partir cette année. Ils ont commencé les démarches de création d’un nouveau bureau à Montréal. Et ça prend de l’ampleur car ce sont désormais plusieurs employés qui seront envoyés là-bas.

Tout passe désormais via un cabinet d’avocats spécialisés en immigration. C’est là, c’est tangible et j’y crois. J’ai du mal à y croire mais j’y crois. Je suis très heureuse de la nouvelle, ça donne un coup de fouet à tout. Nous sommes toujours en plein COVID alors ce genre de nouvelle était vraiment inespéré.

Fin mars, j’annonce à mon employeur que j’ai l’intention de partir. Que je poserai ma démission dès que j’aurai une date de départ. Nous estimons notre départ en septembre-octobre, le temps de finir les démarches avec le cabinet d’avocats.

J’aurais pu garder mon emploi et travailler depuis la France mais je voulais tourner une page complètement. Je ne me voyais pas en télétravail avec un décalage horaire à gérer. Je n’avais plus l’énergie nécessaire pour continuer non plus, je voulais faire autre chose, travailler à Montréal pour que l’immersion soit totale. 

Printemps 2021

Le printemps 2021 est ponctué par plusieurs choses (en dehors de restrictions sanitaires qui durent) : les allers-retours avec le cabinet d’avocats pour compléter nos dossiers et lancer les demandes d’EIMT (c’est une demande qu’une entreprise doit faire pour prouver qu’elle ne peut pas embaucher un autre profil directement sur place et qu’il lui faut absolument cet immigrant-là, en gros). M.Loukoum sera donc en permis de travail fermé avec son entreprise nouvellement créée et je serai en permis de travail ouvert conjoint de fait.

Mai 2021

En mai, nous passons quelques jours chez une de mes sœurs qui habite en Vendée (pile quand les restrictions sont levées donc bouchons monstres obligés). Durant ces quelques jours, nous terminons de compléter notre dossier avec une déclaration sur l’honneur de conjoints de fait en visio avec le cabinet d’avocats. Et de là, plus qu’à attendre la suite. Franchement c’est long, mais c’est l’impatience qui me fait ressentir cela.

En mai, on a bien entamé le tri de nos affaires dans notre appartement. J’ai vendu beaucoup de livres (snif) mais je compte en garder quelques-uns. Nous regardons également les entreprises de déménagement pour embarquer nos cartons de l’autre côté de l’Atlantique. 

Petite parenthèse : toute cette partie du processus d’immigration (déménager nos affaires) fut une grosse source de stress pour moi. A l’heure à laquelle j’écris, nous venons juste de recevoir nos cartons (j’écris cette phrase le 19 novembre 2021). Nos affaires sont arrivées au complet mais nous avons dû remplacer le téléviseur car l’écran de notre TV a été éclaté pendant le transport. C’était franchement stressant et j’étais furieuse. Aujourd’hui, j’ai juste envie de laisser cette phase derrière moi et de profiter de notre installation et de notre temps sur place.

Bref, en mai, nous nous occupons également des chats. Car oui, nos petits chéris partent bien évidemment avec nous. J’ai publié un article plus complet sur notre expérience de déménagement avec des chats. Mais en gros, en mai nous les faisons vacciner contre la rage, nous faisons faire un passeport pour l’un d’eux et nous achetons des cages appropriées pour les faire voyager en cabine avec nous. 

Dernière étape en mai : nous recevons notre première dose du vaccin contre la COVID. Car sans vaccin, aucune chance pour nous de pouvoir quitter le territoire et d’accéder au Canada.

Juin 2021

Juin est synonyme d’attente. Mais il est plutôt productif : notre propriétaire est informé de notre départ aux alentours de septembre, nous enchainons les checks médicaux car nous ne sommes pas sûrs d’avoir accès facilement à des soins durant nos premiers mois au Québec. Nous continuons aussi le tri et la vente d’affaires. M.Loukoum est au taquet et a bien avancé les cartons. Il a été super efficace pour les cartons. 

Juillet 2021

A la fin du mois de juillet, nous partons à Lyon pour donner nos données biométriques dans un centre de collecte partenaire (exclusif) du gouvernement canadien. Fournir nos empreintes digitales et une photographie est indispensable pour émigrer. Il faut vraiment montrer patte blanche. 

Pourquoi Lyon alors qu’on habite à Paris ? Parce-que le centre de collecte de Paris est surchargé bien évidemment. Certains créneaux se libèrent de temps en temps à la dernière minute mais nous ne voulons pas compter dessus. C’est l’occasion de se faire un dernier week-end en amoureux avant de partir. 

En juillet, il me semble que nos billets d’avion étaient déjà pris (ou alors était-ce début août?). Le prix des billets commençait à flamber, surtout depuis les annonces de levée de quarantaine pour les nouveaux arrivants au Québec. L’annonce de réouverture des frontières canadiennes prévue pour début septembre joue également sur les prix. Mais c’est finalement une bonne nouvelle pour nous car nous évitons ainsi la quarantaine obligatoire à l’arrivée.

Août 2021

En août, tout s’enchaîne. Nos demandes de permis sont acceptées alors nous sommes fixés, nous pouvons partir. Alors nous nous pressons de tout finaliser :

  • Nous donnons le préavis de notre appartement
  • Nous finissons de résilier pas mal de contrats (téléphonie, EDF etc.)
  • Je donne ma démission officiellement. Dès le 15 septembre, je ne serai plus employée en France
  • Nous vendons notre voiture. Par chance, le premier acheteur que nous rencontrons est le bon. Il est fiable et nous prend la voiture au prix. Il avait autant peur que nous des arnaques alors nous sommes tous bien tombés
  • Nous contactons un courtier en immobilier montréalais grâce à qui nous trouvons notre logement actuel, avant même notre arrivée. Avoir de la famille sur place aide beaucoup pour ça. C’est une de mes sœurs qui récupérera les clés et l’autre qui paiera le premier loyer en attendant qu’on ait un compte en banque local
  • Nous renvoyons nos cartes vitales à la Sécurité Sociale et faisons la demande de transfert de droits vers le Québec. En tant que Français, des ententes existent entre la France et le Québec qui nous permettent de ne pas avoir de carence en termes de couverture sociale. C’est bien évidemment quand la Sécurité sociale fait les choses correctement et ne tarde pas à faire les papiers en temps et en heure (mais ça, c’est une autre histoire)
  • Nous confions nos cartons à une entreprise de déménagement qui doit nous les restituer quelques semaines plus tard (en théorie)

Septembre 2021

Alors je vous préviens, septembre risque d’être un peu brouillon car c’est le mois où je suis partie. Je vais essayer de faire dans l’ordre mais ce ne sera pas évident.

Jusqu’au 11 septembre, nous étions encore en France. Nous avons terminé de préparer nos valises et de déménager/vendre nos dernières affaires. Nous avons rendu notre appartement le 9. Puis nous avons loué une voiture et prévu de passer deux jours chez mes parents dans les Yvelines avant de prendre l’avion. Ce fut deux jours très bizarres, entre stress et expectatives. Nous avons dû racheter une valise en urgence car on dépassait largement le poids limite autorisé de nos bagages en soute enregistrés. Il revenait moins cher de racheter une valise puis de payer pour un bagage en soute supplémentaire plutôt que de payer le poids en trop à l’aéroport.

Puis est enfin arrivé le 11 septembre. Décollage. 

Le voyage fut très stressant car nous avions nos deux chats avec nous. Je ne savais pas du tout comment ils vivraient le voyage. Je me sentais mal pour eux, de leur imposer tout ce changement. Finalement, tout s’est bien passé.

Une fois arrivés à l’aéroport, nous devions passer par l’immigration en plus des douanes pour récupérer nos permis de travail. Encore un moment stressant car nous sommes tombés sur un agent de l’immigration qui était visiblement dérangé par le fait que nous n’avions aucune preuve d’assurance maladie. Après négociation, nous avons pu nous dépatouiller pour lui montrer qu’en cas de souci de santé, nous serions en mesure de nous débrouiller. J’étais vraiment soulagée quand nous avons eu nos permis de travail en main. Pendant quelques secondes, j’ai cru qu’on ne passerait jamais l’immigration et que l’agent nous demanderait de faire demi-tour.

Autant vous dire qu’une fois les permis en poche, je n’ai pas traîné pour quitter l’aéroport.

Côté douanes, nous n’avons eu aucun souci. Nous avons récupéré nos bagages sans encombre, pris un taxi et sommes partis.

Ma sœur ayant récupéré les clés de notre appartement nous a rejoints directement là-bas. Elle avait aussi eu la gentillesse de nous acheter un bac à litière et des croquettes pour nos minous le temps qu’on s’installe. Le reste de la journée fut tranquille. Nous avons vaincu la fatigue en allant faire deux-trois courses avec ma sœur et ma nièce et nous sommes rentrés dormir. Nous avons dormi par terre sur des matelas de camping tout fins. Je me serais endormie n’importe où pour être honnête.

Dans les jours qui ont suivi, nous avons :

  • Converti nos pass sanitaires dans un centre de vaccination (ayez bien en main les preuves écrites des dates auxquelles les doses du vaccin ont été injectées)
  • Commencé les démarches avec la RAMQ tout en se battant avec la Sécurité Sociale française pour qu’ils nous envoient les documents nécessaires (finalement ce n’est qu’en octobre qu’on a reçu les documents pour pouvoir s’inscrire à la RAMQ, soit un mois de demi après avoir renvoyé nos cartes vitales. Faut pas être pressé)
  • Acheté une partie de nos meubles 
  • Ouvert un compte en banque au Québec. Nous avons choisi la Banque Nationale car PVTistes proposait une offre intéressante pour les nouveaux arrivants
  • Acheté nos forfaits mobiles (nous avons pris Fizz, ça a l’avantage de n’être pas trop cher par rapport au marché)
  • Commandé notre box internet (chez Fizz aussi)
  • Demandé et obtenu notre Numéro d’Assuré Social (essentiel pour pouvoir travailler et être payé au Québec) 

Une ou deux semaines après notre arrivée sur le sol québécois, je commence également à chercher du travail. En 10 jours, c’était plié, j’avais une offre d’emploi. Il y a une telle pénurie de main-d’œuvre au Canada en ce moment qu’il est très facile de trouver un emploi dans certains domaines. 

Octobre 2021

Début octobre, nous étions déjà bien établis. J’ai l’impression que tout s’est fait super vite.

En octobre, nous avons fait notre conversion de permis de conduire auprès de la SAAQ. Pas de chance, il se renouvelle tous les 6 (ou 8?) ans en fonction de ta date d’anniversaire. Je dois refaire le mien l’an prochain. Oh well. Il faut payer pour obtenir un permis (le tarif varie en fonction de la date d’anniversaire), il faut compter environ 80-90$ pour une année complète. Et bien sûr, il faut payer tous les ans le jour de son anniversaire. Bon anniversaire !

Et en octobre, j’ai également commencé un nouvel emploi. Un mois seulement après mon arrivée au Québec, j’étais déjà en train de travailler. Ça fait maintenant 1 mois et demi que je travaille. J’ai l’impression d’être au Québec depuis des lustres tellement le quotidien se construit petit à petit.

Novembre 2021

C’est bientôt la fin des démarches du nouvel arrivant à Montréal. Nos cartons sont (ENFIN !!) arrivés. Comme je le disais plus tôt, notre histoire avec le déménageur a été plutôt houleuse et je suis contente de pouvoir mettre ce chapitre (nul) de ma vie derrière moi.

Sinon, nous sommes en attente de réception de nos Cartes Soleil (nos cartes d’affiliés à la RAMQ). Pour l’instant pas de nouvelles de la RAMQ, ça veut dire bonnes nouvelles ? Les semaines à venir nous le diront.

La dernière étape sera de nous inscrire au Consulat de France à Montréal. Ce n’est pas franchement pressé, enfin je ne crois pas du moins.

Aujourd’hui

Honnêtement, je suis ravie d’être arrivée au bout de tout ce parcours. Nos permis de travail étant valides 2 ans, nous avons donc tout ce temps pour prendre nos marques, explorer, découvrir, profiter. Nos permis sont renouvelables donc nous aurons encore de la paperasse à faire durant l’été 2023 pour pouvoir rester sur le territoire.

En attendant, je vais savourer chaque instant et préparer plein d’histoires à vous raconter !

RESSOURCES AUTOUR DE L’IMMIGRATION AU QUÉBEC 

  • Le site du gouvernement canadien pour toutes les démarches d’immigration 
  • Arrima 
  • PVTistes : très bien pour toutes les astuces à avoir quand on est nouvel arrivant au Québec et pas seulement lorsque l’on est détenteur d’un PVT. Leurs ressources peuvent servir à tout le monde
  • Service Canada pour obtenir votre NAS ( Numéro d’Assuré Social)
  • SAAQ pour vos demandes de conversion de permis de conduire. Il existe des ententes avec la France qui permettent de ne pas avoir à repasser les examens de conduite
  • RAMQ
  • Clicsanté : il faut prendre rendez-vous sur ce site pour pouvoir faire convertir son pass sanitaire non-québécois. J’ai ensuite téléchargé l’application Vaxicode sur mon téléphone pour avoir mon QR code à portée de main

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