Île-du-Prince-Edouard

Que faire sur l’Île-du-Prince-Édouard en 5 jours ?

Quittons Fredericton pour nous rendre à notre prochaine étape : l’Île-du-Prince-Édouard où nous avons prévu de passer cinq jours. Honnêtement, j’étais vraiment hypée par cette destination, je m’imaginais des bords de mer ocres et des champs à perte de vue. Et c’est exactement ça que nous avons eu.

L’Île est plus grande qu’elle n’y paraît (comme tout au Canada) et les points d’intérêt peuvent être assez éloignés les uns des autres. Comme nous avions une période de vacances limitée, nous avons dû choisir nos visites et avons pour cela délaissé toute la partie est de l’Île. En gros, toute la partie à l’est de Charlottetown, la capitale de la province maritime. 

Il n’y a pas de meilleur itinéraire qu’un autre, surtout en une période réduite. J’ai fait en fonction des endroits qui me plaisaient sur le papier (et Google maps a été un grand ami, comme toujours lors de la préparation de mes voyages) et go go go. Voici donc quelques idées de quoi faire en 5 jours sur l’Île-du-Prince-Édouard.

Jour 1 : du pont de la Confédération à Charlottetown

Pour pénétrer sur l’île, vous devrez passer par le seul point terrestre existant : le pont de la Confédération. Long d’un peu moins de 13 km, le pont relie donc l’île au Nouveau-Brunswick depuis 1997. Avant cela, seuls des ferrys permettaient d’atteindre la province. 

Le pont est l’un des symboles de l’île et le traverser est une expérience en soi (à 50$CAD l’expérience tout de même, à payer en sortant de l’île – une facture d’adieu). Si le pont s’appelle ainsi, c’est parce-que l’Île-du-Prince-Édouard est considérée comme le “berceau de la Confédération” canadienne. 

Pour faire simple, dans les années 1860, des négociations commencèrent entre les différents territoires de l’est de l’actuel Canada afin de créer une entité centrale. Et c’est en partie sur l’île, et en particulier à Charlottetown, que les négociations qui aboutirent à la création du Dominion du Canada en 1867 se sont déroulées. Paradoxalement, l’Île-du-Prince-Édouard ne fut pas l’une des premières provinces à constituer le Dominion, elle ne le rejoindra qu’en 1873. En bref, cet article de l’Encyclopédie Canadienne résumera bien mieux que moi tout le processus de création du Canada, si cela vous intéresse d’en apprendre davantage.

Pour revenir à nos moutons et notre pont, une fois celui-ci franchi, nous faisons un arrêt à Borden-Carleton, une petite ville qui ponctue l’embouchure du pont. Et c’est ici que nous prenons en photo notre premier phare. Premier d’une longue série car l’île est connue pour ses nombreux phares, disséminés un peu partout sur les côtes. J’apprends d’ailleurs que l’Île-du-Prince-Edouard compte une soixantaine de phares, faisant de la province la plus densément “peuplée” en phares d’Amérique du Nord. Fascinant n’est-ce-pas (peu ou point d’ironie à noter dans cette question purement rhétorique) ?

Il nous reste cependant encore un peu de route avant de rejoindre Charlottetown où nous avons réservé trois nuits d’hôtel. C’est donc reparti, avec une dernière étape (et encore un phare) avant d’arriver à destination. 

La petite ville côtière de Victoria est située 30 minutes plus loin, ce qui nous permet de longer les routes tranquilles de l’île avant de rallier la ville principale. A Victoria, un petit phare nous tend les bras et moyennement une contribution modeste (2$CAD dans mes souvenirs), nous pouvons escalader une courte échelle qui mène à un étage étroit. Ça ne casse pas trois pattes à un canard pour être honnête mais les contributions servent à l’entretien du petit phare donc ça se vaut bien. 

Parmi nos amis les moustiques, nous admirons également un étang paisible et une plage dans laquelle des familles s’ébrouent gaiement. Et puis, last but not least, j’en profite pour acheter une glace non loin qui sera comme un leitmotiv (au même titre que les phares) durant notre séjour. 

Dernière virée en voiture de la journée pour ensuite rejoindre Charlottetown où nous posons bagage. Il fait beau, il fait chaud, que demander de plus pour débuter notre beau séjour de 5 jours sur l’Île-du-Prince-Édouard ?

Jour 2 : Parc National de l’Île-du-Prince-Édouard

A seulement 26 km de Charlottetown, le parc national de l’Île-du-Prince-Édouard (régi par Parcs Canada) offre de beaux panoramas le long de la côte nord de l’île. Le parc est divisé en trois secteurs différents, accessibles via l’achat d’un ticket coûtant 9$CAD par jour et par adulte (tarif en vigueur durant l’été 2023). Nous commençons par parcourir une route panoramique avec quelques arrêts pour des points de vue (dont un phare dans le secteur Brackley-Dalvay que nous explorons en premier). 

Le petit phare du port de Covehead est notre premier arrêt dans ce secteur du parc. Le long de la côte, nous nous arrêterons également pour voir des marais et des zones humides. Mais la chaleur (et les taons) nous dissuadera de nous arrêter trop longtemps à chaque fois. Nous irons jusqu’au bout, jusqu’à la jolie plage de Brackley avant de sortir du secteur pour partir un peu plus loin dans les terres.

Sur la route entre les secteurs de Brackley-Dalvay et de Cavendish, nous faisons étape au village d’Avonlea. Non loin, le site historique des Pignons verts vous tend les bras Le coin est connu pour le roman “Anne aux pignons verts”, incontournable de la littérature de l’Île-du-Prince-Édouard et du Canada en général. Personnellement, n’ayant jamais lu les romans, je n’avais donc pas un attrait particulier pour le site. L’entrée au site patrimonial coûte 9$CAD mais ni M.Loukoum ni moi n’avions envie de nous y attarder plus que ça.

Le village d’Avonlea est, dans les romans, l’endroit où habite Anne, ce personnage que l’on retrouvera un peu partout dans les boutiques souvenir de l’île. Rien de bien authentique cependant, le village rassemble des bâtiments reconstitués dans le style de l’époque mais accueillant aujourd’hui boutiques et fast-food. Pour le déjeuner, nous choisissons d’ailleurs une église-fast food où la fameuse pomme de terre de l’Île-du-Prince-Édouard est mise à l’honneur. Car oui, en dehors d’Anne aux pignons verts, la province est connue pour sa pomme de terre mais nous y reviendrons (quel suspense intenable!).

Ma curiosité envers Avonlea ayant été satisfaite, nous décidons de visiter un autre secteur du parc national de l’Île-du-Prince-Édouard : le secteur Cavendish. Cette partie du parc est sans doute la plus connue et la plus achalandée, du moins sur les plages et pas sur les routes. Plusieurs points de vue sont accessibles depuis la route côtière, dont le ruisseau et le rocher de MacKenzies. Avec ses côtes ocres et vertes, le parc offre de très belles vues malgré certains vestiges de l’ouragan Fiona qui toucha l’île en 2022.

On voit notamment sur les bordures de route que du travail de réhabilitation de l’île est en cours mais certaines zones ont été tellement ravagées qu’elles restent pour l’instant fermées au public. Dans les roches bordant l’eau, on peut ainsi apercevoir des restes de ce qui fut soufflé par la tempête, du bois mort, des bancs et autres objets posés ainsi un peu partout. 

Le parc est vraiment très beau et nous terminons la journée par un passage à la plage de Cavendish. Les places à l’ombre sont rares et chères (merci aux gens qui sont venus nous coller juste pour regarder leurs téléphones pendant des heures) et une baignade s’imposait au vu de la chaleur. Sur la plage, point de moustiques ou de taons mais des méduses. Et beaucoup trop de personnes indélicates. C’est les vacances et l’été me direz-vous. Je n’étais toutefois pas mécontente d’avoir apporté mon maillot de bain avec moi. Le côté médusé de notre baignade nous aura au moins fait un bon souvenir. 

Accès à la plage

Il existe un troisième secteur, celui de Greenwich connu pour son sentier au milieu des dunes. J’aurais adoré l’ajouter à notre journée mais le temps nous aura manqué. 

Jour 3 : Charlottetown

Point d’escapade pour notre troisième jour sur place, ce sera la ville de Charlottetown notre terrain de jeu. Je ne m’attarderai pas ici car j’ai dédié un article complet sur la visite de Charlottetown en une journée.

Jours 4 & 5 : l’ouest de l’Île-du-Prince-Édouard

Pour les deux prochains jours, direction l’ouest de l’île où nous avons réservé deux nuits à l’auberge du phare de West Point

En chemin, nous faisons escale à Summerside sous un crachin typique (autant dire que les températures ont bien baissé). Summerside est probablement la ville principale à l’ouest de l’île. Ce n’est pas très grand mais on peut y faire une balade au bord de l’eau et admirer une petite flotte d’avions de collection au Air Force Heritage Park, situé juste à côté de l’aéroport de la ville. 

Pour le restant des deux journées à venir, nous naviguerons donc jusqu’au phare de West Point où une auberge attenante fut construite. Le phare et l’auberge sont situés bien à l’écart de la civilisation, en plein cœur du petit parc de Cedar Dunes. On rêvait de tranquillité au bord de l’eau, on ne pouvait rêver mieux. 

L’auberge en elle-même est plutôt correcte. C’est plutôt cher en haute saison (nous avons payé 600$CAD pour deux nuits (ça pique)) mais le cadre en vaut la chandelle. De plus, un accès au phare et à ses expositions est inclus lorsqu’une nuit est réservée (encore heureux vu le prix). Les chambres de l’auberge donnent directement sur la mer et c’est vraiment charmant. 

Anecdote du jour : une tempête touchera l’ouest de l’île durant notre séjour et l’auberge (tout comme toute la partie ouest de la province) se retrouvera dans le noir, sans électricité ni eau potable. Ça n’a duré que quelques heures un soir mais durant ce laps de temps, le personnel avait mis à disposition de l’eau et des repas préparés par un restaurant du coin. Plutôt sympa. 

Bref, dans cette partie de l’île, il ne faudra pas courir à tout prix après les activités. En dehors du phare de West Point, peu de visites culturelles sont proposées dans le coin. Nous nous tournerons donc vers un programme plutôt relax avec piscine et farniente. Pour cela, nous allons au Mill River resort qui possède un restaurant (pas mauvais), une piscine (à 15$CAD l’entrée, glurps) et un terrain de golf pour ceux que ça intéresse. Le domaine comprend aussi un hôtel qui sera une option alternative à l’auberge de West Point (dans des tarifs assez similaires). 

Le phare de West Point fut une belle découverte. Je crois que je n’ai pas osé aller tout en haut car l’escalier y menant me donnait franchement le vertige (et pourtant, je ne suis pas particulièrement propice à ça). On y découvre l’histoire du phare, de son aménagement en auberge, des différents équipements etc. Intéressant en somme !

Autre lieu phare (notez le juteux jeu de mot) dans le coin est emblématique de l’Île-du-Prince-Édouard. Durant notre dernier jour, nous avons visité à O’Leary le musée Canadien de la patate (Canadian potato museum). Je vous disais plus haut que la pomme de terre était l’un des emblèmes de la province. C’est en effet le plus gros producteur et exportateur de pommes de terre du pays et les habitants en ont fait une fierté.

Le musée retrace l’histoire et l’intérêt de la pomme de terre, et présente également une belle collection d’engins mécaniques. Car oui, si l’île est connue pour ses bords de mer ocres, elle est aussi célèbre pour ses champs et son agriculture. Une boutique sur place propose des souvenirs plus ou moins typiques, parfois surprenants comme du fudge chocolat-pomme de terre ou des chips chocolat-pomme de terre. Pourquoi pas. Et cerise sur le gâteau, cette étape sera l’occasion parfaite de vous prendre en photo avec la plus grosse sculpture de pomme de terre au monde !

Des champs de pommes de terre à perte de vue

C’est sur cette note que s’achèvera notre séjour de 5 jours sur l’Île-du-Prince-Édouard. C’est sûr que nous aurions pu y rester plus longtemps. Et d’ailleurs, voici quelques endroits que je m’étais notés, au cas où nous aurions souhaité poursuivre notre périple dans l’est de l’île : 

  • Greenwich Dunes Trail (le 3e secteur du parc national de l’Île-du-Prince-Édouard)
  • Orwell Corner Historic village (village historique reconstitué un peu à l’image de Kings Landing dans le Nouveau-Brunswick)
  • Buffaloland (un refuge où l’on peut observer des bisons)
  • Phare de Point Prim

Prochaine étape des vacances : le Nouveau-Brunswick !

1 commentaire

  1. Le blagueur a dit :

    Ce n’est pas le Far West mais c’est tout comme!

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