France

Que faire en Vendée : mes incontournables

Comme j’ai la chance d’avoir une sœur en Vendée, j’ai pu y descendre à de nombreuses reprises et ai découvert à chaque fois de superbes endroits. Je n’ai pas encore fait le tour du département mais j’y travaille! C’est donc une petite sélection dont je vais parler ici, que j’alimenterai au fur et à mesure de mes découvertes.

Pour l’instant, voilà ce que je retiens de la Vendée (en dehors de sa brioche) et ce que je vous recommande vivement de faire si vous passez dans le coin.

La Roche-sur-Yon

Première étape en Vendée : la Roche-sur-Yon, la préfecture du département. Ce n’est pas une ville à grande échelle donc elle s’explore plutôt rapidement (pour le plus grand bien de vos chaussures).

Une grande partie de la ville historique date du début du XIXe siècle. C’est en effet en 1804 que Napoléon ordonne le réaménagement de la Roche-sur-Yon. C’est dans un style néo-classique si cher à Napoléon qui souhaitait entre autres faire de Paris “une nouvelle Rome”que la Roche-sur-Yon est reconstruite. C’est un schéma en damier qui ordonne désormais la ville, construite autour d’une grande place. Le but était à l’époque de remettre un peu d’ordre dans la région qui avait subi de profonds bouleversements suite à la Révolution Française.

D’avant Napoléon, il ne reste pas grand chose. Quelques ruines, une maison de style Renaissance (qui s’appelle la Maison Renaissance, c’est simple au moins) qui abrite aujourd’hui le musée historique de la ville.

La place centrale de la ville est un vaste espace à ciel ouvert, très agréable à arpenter. Son nom? La Place Napoléon. Avec une statue équestre de Napoléon au centre. La ville respire encore l’ego de l’empereur. A l’un des côtés de la place se trouve l’église Saint-Louis, commanditée par… Napoléon, et construite entre 1813 et 1829. Elle est inspirée des basiliques romaines, typique du style néo-classique. Ça a le mérite d’être harmonieux avec le reste du coin.

L’autre intérêt de la Place Napoléon, plus moderne et dynamique cette fois-ci, ce sont les Animaux Mécaniques. Au nombre de 13, les animaux de bois et d’acier sont dispersés à travers divers bassins autour de la place. Conçus par la même compagnie qui a créé les Machines de l’Île à Nantes ou la Halle de la Machine à Toulouse, les animaux sont manipulables via des mécanismes accessibles au public. Même quand ils sont fermés pour cause de Covid (what else?), ils restent un bon divertissement. J’adore tout ce qui rappelle l’univers steampunk, donc je suis toujours bonne cliente de ce genre d’installations. 

L’île de Noirmoutier

J’ai récemment découvert l’île de Noirmoutier, le temps d’une journée. En plein week-end de l’Ascension, il faut s’armer de patience pour accéder à l’île. En particulier si l’on souhaite franchir le Passage du Gois et que les horaires de marée sont favorables.

Car oui, pour accéder à l’île, le Passage du Gois est définitivement le chemin le plus charmant. C’est une route submersible qui n’est accessible que 2 fois par jour, aux moments des marées basses. Et encore, ça dépend des jours. Les jours de mauvais temps, il vaut mieux oublier.

Et voici pour plus d’informations sur les horaires de marée au Passage du Gois.

Vue du Passage du Gois à marée basse

Comme de nombreux d’autres touristes, nous avançons à 20 à l’heure via le passage long de 4,2 km. La première fois que le passage fut emprunté, c’était en 1766. En 1840, la première ligne régulière exploitée via voiture à cheval est ouverte pour relier l’île de Noirmoutier au continent. La route n’est pavée en revanche que dans les années 30.

C’est impressionnant. Beaucoup de badauds se sont arrêtés sur le bord de la route pour s’éloigner dans la vase afin de récolter palourdes, couteaux, huîtres et autres délicatesses de la mer. La marée est basse pour 13h20 et 1h et quelques du matin. Le retour se fera donc par le pont, autre accès à l’île situé plus loin. Lui date des années 70. Avant, des navettes maritimes assuraient la connexion en parallèle de l’accès via le Passage du Gois.

Une fois sur l’île, les voitures qui bouchonnaient à l’entrée de l’île se dispersent. Nous nous dirigeons vers le nord-est de l’île, vers le Bois de la Chaise. Le Bois de la Chaise est connu pour sa forêt qui rappelle plutôt le sud de la France. Il a été classé en 1936 après avoir été replanté. Avant d’accéder à la plage sur laquelle débouche le bois, l’on peut admirer de très belles maisons nichées entre deux arbres biscornus. Ces villas datent pour la plupart de la fin du XIXe-début du XXè siècle. On s’éloigne facilement de la foule au cœur du bois, c’est très agréable. Sur la plage, on peut facilement se promener sur un chemin aménagé derrière une ligne de cabanes blanches, entre sable et rochers.

Plus tard dans l’après-midi, et avant de rentrer, nous nous arrêtons en bord de route pour admirer des marais salants. Ils couvrent à l’heure actuelle le tiers de l’île. Les premiers marais salants de l’île furent créés par des moines bénédictins au Ve siècle. “L’or blanc” est ensuite un business très lucratif, entre le XVIe et le XVIIIe siècle, qui perdure jusque dans les années 70. Après une période de déclin (c’était dans l’air du temps), la popularité des marais salants a repris, notamment grâce à de jeunes producteurs (j’ai découvert le terme de saunier qui les désigne). 

Je n’ai pas acheté de sel (j’en ai assez dans mon placard pour servir à tout mon immeuble pendant 1 mois). J’ai en revanche acheté 2 kg de pommes de terre de Noirmoutier en repartant. La base!

La plage de la Paracou aux Sables-d’Olonne

La Vendée c’est donc bien sûr aussi la côte Atlantique et ses formidables plages. J’ai déjà été aux Sables-d’Olonne en plein mois de décembre. Je préfère en revanche les endroits sauvages, plus authentiques et dépourvus de béton.

La plage de la Paracou située au sud des Sables-d’Olonne est l’une des ses plages de la côte sauvage qui valent le détour. C’est une plage toute de roche vêtue, plutôt adaptée à la pêche à pied plutôt qu’à la baignade. Ma nièce s’est beaucoup amusée à chercher des anémones et petits bernard-l’hermites entre les rochers glissants visibles à marée basse. Des balades dans les dunes et des pistes cyclables à fleur de plage permettent également de changer d’air.

La Pointe du Payré

Encore une très belle partie du littoral sauvage ici. La Pointe du Payré est située à Jard-sur-mer. Le Payré est une rivière qui rejoint deux autres rivières vers la mer pour former un très bel estuaire. Une belle balade est disponible le long de la mer: entre falaises fragiles, bois de chênes verts et sable blanc, tout y est pour un moment de relaxation. Le tout débouche sur la plage de la Mine, une plage immense parfaite pour la baignade.

Le Sanctuaire de la Salette

De retour dans les terres pour visiter le Sanctuaire de la Salette. C’est un ensemble de bâtiments religieux dédié à la Vierge très atypique qui mérite le détour. Le sanctuaire est situé à la Rabatelière, à environ 20 minutes de la Roche-sur-Yon. 

L’ensemble a été construit à la fin du XIXe siècle. A cette époque, la Vendée a vu naître de nombreux lieux de cultes alors que le pays vit une crise politique anticléricale. 

Le sanctuaire est situé en hauteur et est composé d’un rosaire, de chapelles, d’un chemin de croix, d’une tour. Le tout entrecoupé de végétation exotique et remarquable. C’est un écrin de briques au milieu de la nature, avec pentes et escaliers au menu.

Le premier monument, de 20m de haut est surplombé d’une tour, aussi connue sous le nom de “triomphe de la croix”. La partie basse du bâtiment accueille une chapelle dotée d’une croix de 7m de haut, c’est assez impressionnant à vrai dire. 

Un plus loin un autre bâtiment rappelle plus une forteresse un peu bizarre plutôt qu’un lieu de piété. C’est une sorte de donjon surmonté de tourelles et meurtrières. C’est curieux.

L’Historial de la Vendée

L’Historial de la Vendée est pour moi l’une de mes plus récentes découvertes dans le département. Le bâtiment en lui-même est plutôt atypique : il s’intègre (presque) parfaitement dans le paysage avec son toit bas recouvert de verdure. Il se trouve aux Lucs-sur-Boulogne, en campagne.

C’est pas une photo très jolie mais ça montre l’idée

L’Historial retrace l’histoire du département depuis la Préhistoire jusqu’au XXIè siècle. Il s’inspire des musées nord-américains, reconnus pour leur scénographie soignée et poussée ainsi que pour leurs espaces portés par l’innovation et l’interaction avec le public. En même temps, le musée a ouvert en 2006 donc en terme de modernité, on est pas mal.

Chaque période a son espace propre, avec sa propre scénographie, des reconstitutions de bâtiments d’époque (du moins en partie – ça aurait compliqué de faire rentrer un temple romain en entier de toute façon), des objets, des oeuvres d’art, etc. Le tout est plutôt bien fait et les salles sont agréables à parcourir.

Une grande salle est consacrée à l’histoire de la Guerre de Vendée pendant la Révolution française. La Guerre de Vendée est l’un des pans de l’histoire les plus explorés dans le département, comme la Seconde Guerre mondiale ou Guillaume le Conquérant pour la Normandie à l’époque où je vivais à Caen.

On a même pu découvrir au moment où l’on a découvert l’Historial, une exposition temporaire autour du Patrimoine vendéen, matériel et immatériel. J’ai apprécié qu’ils traitent du patrimoine immatériel (chansons, poèmes, musiques), qui sont souvent moins exploités en exposition. Mais ici le tout était bien intégré et permettait d’apporter un petit quelque chose en plus.

En bref, un beau musée à visiter, par temps de pluie, ou non. C’est par ici si vous souhaitez plus d’informations sur l’Historial de Vendée.

Le Logis de la Chabotterie

Mon dernier endroit du jour est le Logis de la Chabotterie situé à Saint-Sulpice-le-Verdon. Lorsque je l’ai visité, l’intérieur était fermé au public.

Le Logis est un ensemble de bâtisses du XVIIe siècle, de style bas-poitevin qui était très populaire dans la région à l’époque. C’était un domaine seigneurial agricole. On peut encore voir par exemple la maison principale ainsi qu’un lavoir.

Autour du logis, un grand parc, des prairies et un jardin à la française peuvent se visiter. Quand j’y suis allée au mois de mars, des centaines de petites fleurs violettes recouvraient les sous-bois et pelouses. Il s’agissait en fait de fritillaires pintade, une espèce de fleurs en voie d’extinction qu’il faut éviter de cueillir. C’est quand même plus joli dans son habitat naturel.

Si je mentionne ce lieu dans mes incontournables, c’est beaucoup dû à son histoire. C’est en effet dans les bois attenants que le Général Charette fut arrêté en 1796. Ce monsieur était le chef d’une des armées royalistes de Vendée lors de la Révolution Française. La Vendée durant la Révolution a une histoire particulièrement marquée et intéressante. 

Le département est connu pour sa guerre civile. Les Guerres de Vendée se déroulent entre 1793 et 1796. L’élément déclencheur fut la levée en masse entreprise par l’armée révolutionnaire qui visait à mobiliser de jeunes hommes à travers toute la France. Ces “volontaires” devaient compenser les pertes subies par les révolutionnaires. Sauf que ça ne plaît pas aux Vendéens. La révolte se fait réprimander sévèrement, notamment pendant la Terreur, et c’est sur un échec cuisant que se termine la majeure partie du conflit en 1796. La Vendée aura alors perdu entre 20 et 25% de sa population. 

C’est sur cette note tout à fait joyeuse que je conclus cette première excursion en Vendée ! J’aurais pu finir sur la beauté d’une plage mais j’ai préféré finir par un pan de l’incroyable histoire de la Vendée. Je vous laisse repenser à la Vendée pendant la Terreur et vous dis à la prochaine fois pour un autre lot de découvertes!

Et au nord de la Vendée, dans la Loire-Atlantique, se trouve Clisson, une ville que j’avais visitée lors d’un de mes séjours en Vendée.

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