Art & Histoire

Bilan des musées #3 : juillet 2021

L’été commence. Ce sont les vacances pour certains. Pour moi, c’est encore un été en chômage partiel, passé en grande partie à Paris. Ça ne changera pas grand-chose car j’ai pris l’habitude de partir hors saison en vacances depuis des années.

Alors en commençant le mois de juillet, j’espère avoir une partie de Paris et ses musées pour moi et tous ceux qui ne partiront pas en vacances. C’est l’occasion pour moi de continuer ma valse des expositions à travers la ville. Alors c’est parti pour un petit bilan des musées de juillet!

Gabrielle Chanel, Manifeste de Mode au Palais Galliera

Je dois avouer que c’est uniquement ma curiosité et non pas mon sens de la mode qui m’a poussée vers l’exposition sur Chanel qui se tenait au Palais Galliera. Car oui, la mode et moi, nous ne sommes pas copines. Dans le sens où je ne m’y intéresse pas plus que ça. L’histoire de la mode et de ses créateurs, son impact sur la société, en revanche, sont plus intéressants pour moi.

J’ai découvert le travail de Coco Chanel à travers cette très belle exposition. On y voit des pièces de haute couture magnifiques, emblématiques de la créatrice et de son temps. Pour moi, la volonté d’élégance et de liberté qu’insufflait Coco Chanel via son travail sont source d’admiration. J’ai pris plaisir à voir l’empreinte de Chanel sur la société de l’époque, de l’impact immense qu’elle a eu sur la mode féminine.

Flacons de Chanel N°5

Cette partie de l’exposition m’a beaucoup plu. Les pièces de haute couture, tailleurs, robes et manteaux, m’ont moins parlé. Sans doute car la haute couture ne fait pas partie de mes passions. J’ai en effet du mal à percevoir l’intérêt de la haute couture. Tout ce côté superficiel me dérange un peu même si je conçois tout à fait que le sujet passionne et galvanise des millions de personnes. C’est une source d’emplois et d’inspirations multiples mais j’ai du mal à accrocher.

Cela ne m’a toutefois pas empêché d’admirer de très belles pièces de couture. J’en ai pris plein les mirettes grâce à des petites robes simples mais stupéfiantes. J’ai passé un bon moment, j’en ai appris un peu plus sur la vie de Chanel et sur ses ambitions et je resterai sur ce sentiment là. Celui d’avoir redécouvert une des figures emblématiques féminines qui a marqué son temps et l’histoire du XXè siècle.

Malheureusement l’exposition étant prolongée jusqu’au 18 juillet 2021, elle n’est plus accessible à l’heure actuelle.

Salgado Amazônia au Musée de la Musique (Philharmonie de Paris)

Ma visite de l’exposition Salgada Amazônia à la Philharmonie fut incroyable, une révélation. 

La Philharmonie présente actuellement une exposition de photographies de Sebastião Salgado, un photographe brésilien. Les photographies exposées sont toutes en noir et blanc, d’une spectaculaire beauté et montrent des vues de la forêt amazonienne et de ses habitants. Le tout est accompagné d’une installation sonore de Jean-Michel Jarre qui allie sons de la forêt et arrangements électroniques.

C’est une véritable expérience multisensorielle qui accentue l’intensité et la réalité des photographies. Tout est beau dans cette exposition et je me suis sentie projetée dans une œuvre à grande échelle. J’avais l’impression de faire partie de l’œuvre (oui je sais c’est très capillo-tracté). C’est une expérience à la limite du mystique.

Le parcours en lui-même est libre. On suit son propre chemin et il faut se débrouiller pour s’orienter. On a des clés mais le reste nous incombe, un peu comme lorsque l’on fait une balade en forêt. 

J’ai découvert un écosystème fragile mais féroce et beau. La forêt amazonienne est actuellement en danger. Les orpailleurs, la déforestation, les “Blancs” qui prennent des territoires sans rien demander aux peuples y vivant. C’est une colonisation toujours à l’œuvre. Au XXIè siècle, tout ça me parait absurde. Les peuples d’Amazonie vivent souvent sur leurs propres territoires, à l’écart des autres civilisations. 

D’ailleurs, pendant l’exposition les termes “Indien” et “Amérindien” sont utilisés à outrance alors qu’ils portent pour moi une signification très péjorative. Les explications en français utilisent ces termes sans en mesurer la portée alors que les textes en anglais utilisent les termes “native” ou “indigenous” qui sont moins insultants. Le terme “Indien” est voué à disparaître. C’est un mot de colon qui n’a, pour moi, pas sa place dans une exposition qui est censée mettre en valeur et honorer ces cultures natives. C’est d’ailleurs le même problème au musée du Quai Branly qui désigne par le terme “Indien” tous les peuples d’Amérique partout dans ces parcours. J’espère que cela changera dans les années à venir car les cultures premières sont amenées à être de plus en plus reconnues et respectées. 

Je fais une petite parenthèse. L’actualité récente au Canada via la découverte de cimetières sauvages où ont été enterrés des centaines d’enfants autochtones ayant résidé dans des pensionnats gérés par l’Eglise catholique, nous montre que les peuples premiers (Premières Nations, Indigènes, Autochtones, quel est vraiment le meilleure terme?) ne sont pas à considérer comme des êtres inférieurs mais sont à considérer avec autant de respect que n’importe qui.

Bref, je ferme cette parenthèse et je finis mon coup de gueule. Tout ça pour dire que je suis déçue d’avoir trouvé le terme “Indien” en français intégré de façon normale alors que jamais les textes en anglais n’utilisent le terme “Indian” ou autre. Tout porte à croire que les Anglo-Saxons sont plus avancés dans la compréhension des peuples premiers et que le monde francophone doit encore en prendre de la graine. 

Pour conclure, malgré des textes explicatifs parfois très maladroits et on peut le dire, peu informés sur la façon dont on désigne respectueusement à l’heure actuelle les peuples d’Amazonie et d’Amérique du Sud, l’exposition Salgado Amazônia reste extraordinaire. C’était un instant de pur délice, où la beauté a imprimé son empreinte sur mes rétines.

L’exposition Salgada Amazônia est à admirer à la Philharmonie de Paris jusqu’au 31 octobre 2021.

Le monde du 11 septembre au Mémorial de Caen

A l’occasion d’un énième passage à Caen, une de mes villes de coeur en France, je me suis rendue en compagnie de M.Loukoum au Mémorial de Caen. Je n’y étais pas retournée depuis mon année d’études à Caen et j’ai été agréablement surprise des parties du musée que je n’avais jamais explorées.

L’exposition temporaire en cours au Mémorial de Caen portait sur le monde du 11 septembre. On y voyait la genèse : les attentats du 11 septembre et les guerres qui ont suivi (en Afghanistan et en Irak). Quelques objets retrouvés dans les décombres des tours sont exposés, ça m’a fait très bizarre.

Au contraire des expositions que j’ai l’habitude de visiter, celle-ci montre un monde que je connais. Le monde dans lequel j’ai grandi. Car je me souviens parfaitement du 11 septembre 2001 malgré mes 11 ans. Je me souviens de tout et une exposition sur des événements toujours aussi actuels est d’autant plus marquante.

L’exposition retrace également l’avènement du terrorisme actuel, entre Al Qaida et Daesh. Des photographies de guerre sont exposées, d’une très “belle” justesse. Dans la seconde partie de l’exposition, on y retrouve aussi des mentions des attentats au Bataclan. Ça remue un peu. Les attentats au Bataclan et bars alentour ont profondément marqué mon quotidien à l’époque. Tout ce que j’ai ressenti ce soir-là, alors que je buvais un verre en terrasse avec une amie, est encore très vif, même 6 ans après. J’écrirai peut-être un petit quelque chose sur cette soirée, je ne sais pas encore.

Quoiqu’il en soit, cette exposition temporaire sur le monde du 11 septembre est très émouvante et dérangeante car encore terriblement d’actualité. 

En sortant de l’exposition, il nous restait encore tout le reste du Mémorial à explorer. A l’époque, je n’avais par exemple jamais visité la partie sur la Guerre froide (enfin je crois). Tout est bien réalisé au Mémorial, de part des informations et des collections riches mais aussi grâce à une scénographie soignée et très bien conçue. C’est d’ailleurs la force du lieu à mon sens et le tout justifie le tarif plutôt élevé du billet d’entrée.

Salon américain versus
Salon soviétique

J’ai replongé ensuite dans les collections sur la Seconde Guerre mondiale et le Débarquement. Je connaissais plutôt bien le sujet de base mais se promener dans le Mémorial est toujours pour moi un plaisir. 

La dernière étape de la visite a été le bunker reconstitué dans un étage inférieur qui est entouré de jardins. On passe facilement 3 à 4h sur place sans voir le temps filer. 

Alors si vous passez sur Caen, foncez au Mémorial car c’est une étape indispensable de la ville pour comprendre comment la Seconde Guerre mondiale a profondément marqué l’histoire de la région. 

L’exposition Le monde sur 11 septembre est à découvrir jusqu’au 31 décembre 2021.

Les Catacombes de Paris

Pour la première fois de ma vie, j’ai mis les pieds dans les Catacombes de Paris (oui je vais les compter comme un musée ici). Ça faisait des années que je disais qu’il fallait que j’y aille, et c’est enfin chose faite.

Je l’ai déjà dit plusieurs fois dans divers articles mais j’adore les visites en souterrain. Et spécialement quand il fait chaud dehors. Au cœur des Catacombes, il fait 14° (plus l’humidité), c’était par-fait. J’étais en tee-shirt et mon corps était à l’aise (en dehors des gouttes d’humidité qui tombent dans le décolleté, ça peut en surprendre plus d’un).

Les Catacombes sont situées dans le 14è arrondissement de Paris et sont accessibles au public depuis 1809. C’est l’un des plus grands ossuaires du monde (si ce n’est le plus grand) qui a été installé dans d’anciennes carrières situées dans le sous-sol parisien. En dehors des parties visibles, ce sont des centaines de galeries qui se faufilent dans le sous-sol. En réalité, Paris est bâti sur un véritable gruyère.

Les Catacombes ont été créées suite à un manque de place dans divers cimetières parisiens. Plusieurs cimetières ont donc été déménagés dans ces carrières. On croise pour chaque cimetière une plaque qui marque le nom du cimetière d’où proviennent les milliers d’ossements entreposés.

Pour descendre dans les Catacombes, le billet d’entrée simple est à 29€ (!!!). Mais pour éviter de casser votre PEL, attendez minuit et achetez des billets pour le jour même. C’est 14€, c’est donc moins difficile de sortir la carte bleue. Pour s’enfoncer dans les entrailles des Catacombes, il faut descendre 131 marches. Le parcours total fait environ 1,5 km.

Honnêtement j’ai bien aimé ma visite. Je comprends pourquoi les touristes adorent les Catacombes, c’est un endroit très insolite. Et c’est particulièrement glauque. Les crânes et ossements sont bien empilés et alignés. C’est le paradis des serial killers maniaques. Je me demande comment un bonhomme de l’époque s’est dit que c’était une bonne idée de faire des dessins et sculptures avec des restes de cadavres. Un Dexter du XIXè siècle?

Le site mérite le détour même s’il fait un peu froid dans le dos (surtout quand on se retrouve dans des portions où on est seuls au monde) – littéralement et métaphoriquement.

Pour plus d’informations, découvrez le site des Catacombes.

Le Musée Carnavalet

La grande rentrée de l’année à Paris était bien sûr le musée Carnavalet. Ce dernier a été fermé pendant 4 ans pour travaux donc la hype autour de sa réouverture était assez importante. Il fallait évidemment que j’aille le visiter.

Je n’avais pris que des billets (gratuits, j’aime les trucs gratuits) pour les collections permanentes qui retracent l’histoire de Paris depuis la Préhistoire jusqu’à nos jours. Une exposition temporaire sur Henri Cartier Bresson est aussi en cours pour ceux que ça intéresse (11€ l’entrée).

Je n’ai pas été déçue de ma visite au musée Carnavalet. Les espaces restaurés sont magnifiques. En même temps, c’est un très bel hôtel particulier du Marais qui accueille les collections, avec un jardin croquignolet (où sont servis des cafés probablement hors de prix).

On commence la visite par des espaces où sont exposées des anciennes devantures et enseignes de magasins parisiens. C’est très beau et c’est une très belle entrée en matière. On comprend ainsi mieux la vie dans une rue parisienne et comment les boutiques rivalisaient entre elles.

Le sous-sol est consacré aux collections archéologiques où est présentée l’histoire de la ville alors qu’elle n’était qu’un village.

Aux étages supérieurs, on retrouve tout ce qui concerne des siècles plus modernes : des Lumières à la Révolution Française, de la Commune à la Belle Epoque. On retrouve de temps en temps des installations qui changent un peu, comme des jeux pour les enfants. C’est plutôt ludique. On y retrouve des explications jusqu’à nos jours, avec l’attentat de Charlie Hebdo parmi les événements les plus récents. 

Devanture de magasin reconstituée dans le musée, de style Art Nouveau (co-création de Mucha)

Bon, j’ai galéré à trouver la sortie à la fin de ma visite. On tournait comme des idiots dans tout l’étage (pour ma défense, on était une dizaine de personnes à chercher la sortie) tellement les indications manquaient. On a fini par la trouver je vous rassure. Je n’aurais pas été en mesure de poster cet article sinon. 

En bref, c’est un superbe musée intéressant qui mérite le détour.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site du Musée Carnavalet.

Le Musée Lumière à Lyon

Pour clôturer ce beau mois de juillet pluvieux, direction Lyon et son musée Lumière. C’était la première fois que je devais présenter le pass sanitaire dans un musée. On verra bien ce que ça donne dans d’autres musées cet été.

Lyon est connue, entre autres, pour les frères Lumière, Auguste et Louis, natifs de Lyon. Les industriels étaient connus pour leurs nombreuses inventions techniques, notamment dans le domaine de la photographie mais bien sûr aussi, du cinéma. Les premiers cinématographes sont le fruit du travail des frères Lumière, qui possédaient une énorme usine qui occupait tout le quartier actuel de Monplaisir.

Aujourd’hui, les usines et les villas qu’habitait la famille Lumière ont été quasiment toutes détruites. Il ne reste à l’heure actuelle que la villa d’Antoine Lumière, géniteur des frères Auguste et Louis. Il s’agit d’une très belle villa Art Nouveau qui abrite aujourd’hui le musée Lumière. 

Une très belle collection d’objets du cinéma y est exposée ainsi que des films (L’arroseur arrosé par exemple, premier gag projeté à l’écran de l’histoire), des photographies d’époque et tout un tas d’artefacts issu du génie des riches industriels. 

La scénographie est plutôt réussie, interactive et variée quoiqu’on commence à sentir qu’il faudrait la rafraîchir un peu. Mais c’est plutôt bien fait dans l’ensemble et c’est agréable. 

Le musée mérite le détour, rien que pour ses belles pièces Art Nouveau (le jardin d’hiver est magnifique). En face se trouve l’Institut Lumière, bâtiment moderne qui continue de faire rêver les cinéphiles. 

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site du Musée Lumière.

Conclusion

Encore un beau mois de juillet s’achève, riche en découvertes et escapades. Le mois d’août sera sans doute moins chargé mais j’espère tout de même vous faire découvrir de jolis endroits le mois prochain. A bientôt pour un nouveau bilan!

Et si vous en voulez plus, re-découvrez mon article Bilan des musées du mois de juin 😉

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